OEUVRES - 2025/2026

FIGER SANS FIGER - 2026

Figer sans figer est une installation sculpturale et immersive qui s’inscrit dans la série Cartographie du vivant. L’oeuvre prend la forme d’une plaque de résine de grande épaisseur, évoquant une coupe de mer profonde : un volume dense, stratifié, dans lequel des fleurs stabilisées apparaissent immergées, émergentes ou suspendues à la surface, comme retenues dans un état intermédiaire.

Ni totalement vivantes, ni mortes, ces formes végétales sont maintenues dans un seuil de transformation. La résine n’achève pas leur trajectoire : elle la suspend. Le geste artistique ne cherche pas à figer le vivant comme une relique, mais à le maintenir dans une tension perceptive, entre apparition et disparition, entre conservation et altération.

La plaque agit comme une membrane épaisse : une peau du monde. Elle ne représente pas la mer, elle en propose une expérience optique et sensible. L’épaisseur — volontairement excessive — empêche toute lecture immédiate. Le regard ne glisse pas à la surface : il s’enfonce, hésite, ralentit. La profondeur devient une condition de pensée.

Les fleurs stabilisées, issues de cycles biologiques interrompus, font écho aux trajectoires contemporaines du vivant : circulation, déplacement, préservation, extraction, arrêt. Immergées dans la matière, elles ne sont ni décoratives ni symboliques, mais inscrites comme des marqueurs de temporalité et de mémoire.

L’installation peut se déployer selon des configurations variables — horizontale, verticale, en format puits, en grand espace intérieur ou en extérieur — affirmant une oeuvre non figée, adaptable aux contextes, à l’image des écosystèmes qu’elle interroge.

Figer sans figer propose ainsi un espace de réflexion silencieuse. Une oeuvre sans mouvement visible, mais traversée par le temps. Un lieu où le vivant n’est pas montré en action, mais maintenu dans une attente perceptive, invitant le spectateur à habiter la lenteur, la profondeur et le seuil. 

DERNIER ARRÊT DU VIVANT - 2026

Cette variation propose une configuration horizontale du dispositif. Le regard devient plongeant ; le spectateur se tient au bord. La surface résinée agit comme miroir partiel tandis que la profondeur suggère une stratification latente.Inscrit au sol, le dispositif établit une relation directe au milieu environnant. L’eau simulée et les fragments végétaux suspendus composent un écosystème arrêté sans être totalement annulé : la circulation est suspendue, non effacée.Dans la logique de la Plasticité Relationnelle, cette configuration explore une immersion silencieuse et contextuelle, en opposition à la frontalité monumentale des formes verticales.Dernier 

BONBONS - 2026

Bonbons prend pour point de départ l’histoire matérielle et politique du sucre : une plante cultivée, déplacée, extraite, raffinée, puis transformée en objet de plaisir. De la canne à sucre aux édulcorants de synthèse, le sucre suit une trajectoire mondiale indissociable de la colonisation, de la mise en plantation des territoires, de l’exploitation des corps et de la monoculture imposée.

Raffiné, blanchi, standardisé, le sucre perd progressivement toute relation visible au vivant. Il devient une matière abstraite, reproductible, détachée de son origine végétale comme de son histoire coloniale.

Le bonbon apparaît alors comme un simulacre : une forme séduisante, colorée, immédiatement désirable, qui masque la violence de ses conditions d’émergence. Les faux sucres prolongent cette logique en proposant une réparation illusoire — corriger les effets sans remettre en cause les systèmes d’extraction, de domination et de substitution qui les ont produits.

À travers cette série, le sucre est envisagé comme une matière politique et symbolique : une promesse d’énergie devenue dépendance, une plante colonisée devenue marchandise, puis trace chimique du vivant. Bonbons interroge ainsi la continuité entre colonisation, industrialisation et consommation contemporaine, où le plaisir se construit sur l’oubli organisé des origines.