Figer sans Figer

Figer sans figer – série

Le Puits / Verticalité / La Mer Projet d’installation – résine / végétaux stabilisés

1. Le Puits – Variation horizontale

Cette variation propose une configuration horizontale du dispositif. Le regard devient plongeant ; le spectateur se tient au bord. La surface résinée agit comme miroir partiel tandis que la profondeur suggère une stratification latente. Inscrit au sol, le dispositif établit une relation directe au milieu environnant. L’eau simulée et les fragments végétaux suspendus composent un écosystème arrêté sans être totalement annulé : la circulation est suspendue, non effacée. Dans la logique de la Plasticité Relationnelle, cette configuration explore une immersion silencieuse et contextuelle, en opposition à la frontalité monumentale des formes verticales.

2. Verticalité – Stratification et humification

La verticalité transpose l’encapsulation en coupe géologique. Le cylindre fonctionne comme section du vivant : les strates de résine révèlent une superposition de fragments végétaux, évoquant archive, sédimentation et temporalité comprimée. Le processus d’humification — habituellement invisible — devient ici perceptible dans son interruption. La résine agit comme arrêt partiel d’un cycle de transformation. Ce qui, dans un écosystème forestier diversifié, relève d’une décomposition lente et fertile apparaît ici suspendu. La traversée visuelle des couches accentue cette lecture. Là où les logiques contemporaines tendent à simplifier et homogénéiser les cycles biologiques, la pièce expose une stratification dense, hétérogène, presque conflictuelle. Cette configuration interroge la capacité de la matière à rendre visible un processus biologique mis sous tension par des régimes économiques d’intensification.

3. La Mer – Série Figer sans figer

La Mer étend le principe de Figer sans figer à l’échelle monumentale. Il ne s’agit pas d’un paysage, mais d’un milieu en transformation.La surface liquide devient champ de mutation formelle. Les éléments végétaux ne sont pas fixés comme motifs, mais pris dans une dynamique suspendue. Pensée comme modulable selon le lieu d’exposition, la composition introduit une dimension contextuelle accrue : l’oeuvre se reconfigure selon son environnement. Elle prépare le passage vers des dispositifs où la matière elle-même devient variable, dépendante de ses conditions relationnelles.